L’écrivain torturé


Il avait demandé, par envie, et il avait reçu. Il n’avait pas cru, ou pas voulu croire, que les cadeaux du diable étaient bel et bien maudits.

Il brandissait son stylo, empli d’une joie sauvage et vaniteuse. Un stylo qui avait l’air banal et innocent. Mais un stylo qui lui permettait enfin d’écrire. Les mots et les phrases s’écoulaient sans cesse, il déroulait son livre à toute vitesse, sans arrêt. La page blanche n’était plus qu’un lointain souvenir.

Mais le stylo ne créait pas à partir de rien. Il prenait sa source dans l’auteur même, dans ses pensées, dans son esprit. Et il le vidait, petit à petit.

Un livre, puis deux, puis trois, puis… Puis des pensées totalement floues, incohérentes. Et pour finir, au-dessus d’une page inachevée, il ne reste plus qu’une coquille vide, un homme silencieux, le regard dans le vide et la bave au coin des lèvres, et la main agitée de spasmes serrée autour d’un stylo à l’air banal.


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