Saynètes du 30/03 au 05/04


Chevelure

Il défit le nœud et libéra sa chevelure. De droite à gauche, il agita sa crinière dorée qui sembla emplir l’espace, reflétant la maigre lumière.

Il se retourna en entendant ses compagnons étouffer et les trouva tous plaqués contre les murs de la salle remplie de ses interminables cheveux blonds.

La marchande

La marchande s’installa sur la place du village. Elle semblait n’avoir rien avec elle, à l’exception de quelques moutons bien velus. Elle attendit son premier client.

– Bonjour, j’aurais besoin d’un nouveau pot de cire.

Elle farfouilla quelques instants dans la laine d’un de ses moutons avant d’en retirer, jusqu’alors totalement indiscernable, l’objet demandé. Au moment de rendre la monnaie, elle fit signe à un mouton bien spécifique de s’approcher. Il cliquetait en marchant.

PNJ

– Allez, remets-moi la même chose !

La serveuse élancée reposa le verre qu’elle frottait sous le comptoir, puis se jeta son torchon sur l’épaule, repoussant ses longs cheveux blonds et lisses par le même mouvement. Elle saisit une bouteille au verre fumé trop épais pour qu’on puisse distinguer le liquide à travers, retira le bouchon dans un pop sonore, et s’approcha du client.

– Et voilà pour toi, Meric, répondit-elle en lui versant une grande rasade dans sa choppe.

Meric s’en saisit et la vida d’un trait. Il portait des vêtements simples et fatigués, des vêtements de paysan, et sa chevelure noire était pleine de la poussière de la journée. Il était assis sur un tabouret, accoudé au comptoir en bois de la taverne, presque penché sur son verre. Il s’exclama :

– Ah, ça fait du bien par où ça passe !

Un homme s’approcha derrière lui et le regarda un instant. Il s’installa sur le tabouret à côté et se tourna vers lui. Il portait aussi des vêtements de paysan, et on distinguait surtout une branche d’ail accrochée à sa ceinture. Il avait des cheveux châtains, courts, et arborait un visage simple et soucieux.

– Meric, il faut que tu rentres chez toi…

– Allez, remets-moi la même chose !

– Tu sais bien que j’aime pas Greg, mais pour une fois je suis d’accord avec lui.

Un troisième homme avait surgi, assis de l’autre côté de Meric. Il n’avait presque pas de cheveux tellement ils étaient courts, mais portait une barbe de trois jours. Il arborait surtout un air hautain, et roulait les R. Mais ce qui le distinguait le plus, c’est qu’il était torse nu à l’exception de deux bandes de cuir qui se croisaient sur sa poitrine. Il portait un demi-tablier, de cuir également, de la ceinture jusqu’à mi-cuisse.

Meric l’ignora autant que le premier et vida à nouveau sa choppe.

Greg reprit :

– Ça fait des années que ta femme t’attend, Meric. Il est temps de rentrer chez toi. Bodger va te raccompagner, hein ?

Le troisième homme se leva et posa la main sur le bras de Meric, qui ne réagit pas.

– Ah, ça fait du bien par où ça passe !

Bodger et Greg échangèrent un regard par dessus la tête du buveur.

– Écoute, Meric, continua Greg d’une voix douce. Ça fait combien de temps que t’es pas rentré chez toi, hein ? T’as pensé à tes enfants ?

Brusquement, Meric se tourna vers Greg et agrippa sa chemise en s’exclamant :

– J’ai soif ! Je bois, je bois, et je bois encore, mais je ne sens jamais rien ! Ma choppe se vide, mais dans ma gorge, rien ! J’ai si soif, Greg, si soif !

Son visage se décomposa et il se mit à pleurer :

– Ça fait plus de vingt ans, Greg ! Vingt ans ! Vingt ans que ce jeu existe, et vingt ans que je ne peux rien boire !

Il s’effondra, gémissant, sur le comptoir. Bodger, visiblement mal à l’aise, resta un instant sans savoir quoi faire. Il jeta un coup d’œil à Greg puis, hésitant, approcha sa main de Meric. Maladroitement, il lui tapota dans le dos.

– Allons, allons…

Les pleurs s’arrêtèrent aussi soudainement qu’ils avaient commencé.

Meric se redressa. Toute expression semblait avoir disparu de son visage. Il s’anima à nouveau, et s’exclama :

– Allez, remets-moi la même chose !

Sur ses joues, les sillons de ses larmes brillaient toujours à la lumière des torches. Greg et Bodger s’écartèrent. Ils soupirèrent ensemble avant de ressortir de la taverne.

Cette saynète était un petit hommage / fanfiction pour les très drôles vidéos de Viva la Dirt League. J’espère que ceux qui connaissent auront reconnu !

Voisinage

Il avait toujours eu de très longs cheveux dont il ne savait pas quoi faire, alors ça ne le dérangeait pas que le Tout Petit Peuple y emménage. Même les chantiers ne l’avais pas vraiment gêné. Mais il aurait vraiment préféré que leurs soirées se terminent un peu plus tôt.

Bâillement

Il bâilla, et son souffle était si fort qu’il créa deux tempêtes. Il se rendormit, heureusement. Jusqu’à ce qu’il se mette à ronfler…

Malheureusement, j’étais fatigué et j’ai un peu oublié les saynètes ce week-end. Il n’y en a donc pas pour samedi et dimanche.

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