Saynètes du 02/03 au 08/03


Honnêtement, j’arrive pas à écrire cette première saynète de la semaine. En écrivant mon autre article puis en fouillant pour paramétrer le plugin ActivityPub, je suis tombé sur ce qui m’a fait écrire mon article de mardi. Et maintenant il faut que j’aille me coucher. Bon, tant pis, ce sera pour demain.

La Bête

Comme toutes les deux heures, l’équipe en charge se précipitait. Ils devaient contenter la Bête ou risquer d’endurer son courroux. Une fois sur place, ils sortirent de grands râteaux et commencèrent à les passer sur le ventre du monstre. Et c’est ainsi que, jusqu’à la fin de sa vie, le chat se fit gratouiller le ventre par les gnomes tous les jours.

Dessin de vitesse

Scrich scrich scrich

Le crayon frottait la feuille avec insistance, sans s’arrêter. Elle donnait de grands gestes vifs en dessinant, presque comme si elle frappait le vide. Elle s’arrêta et fixa le résultat, les yeux écarquillés. Elle eut un soupir, si bref qu’il en était presque imperceptible, avant de jeter la feuille derrière elle sans même la froisser et de tirer instantanément une nouvelle feuille devant elle qu’elle se remit à couvrir de traits à toute vitesse sans cligner des yeux.

Elle… pouvait… le faire.

Si elle arrivait à dessiner son portrait suffisamment bien, alors il ne lui resterait plus qu’à le mettre, elle pourrait prendre sa place et personne ne se rendrait compte de l’erreur qu’elle avait faite.

Elle recommença soudainement à respirer en s’arrêtant pour regarder son tracé. Toujours pas, elle le jeta lui aussi derrière elle.

En voletant, de droite à gauche, de gauche, à droite, il descendit tout doucement et vint se poser sur le corps encore tiède de son amie.

Dans une larme

Il versa une larme, une seule larme, qui s’écoula sur le côté de son nez, passa à côté de sa lèvre et se décolla pour se mettre à tomber. Elle tomba, et pendant qu’elle tombait, dedans naquit la vie, les premières cellules, les poissons, tout un monde, des créatures marchant et d’autres rampant. Et des humains, qui levèrent le regard vers le ciel de goutte, et ils hurlèrent leur douleur et ils pleurèrent. Puis la larme, cette seule larme, s’écrasa au sol et ce fut fini.

Le pianiste

Du bout des doigts, il effleura les touches sur toute la largeur du piano. Il regarda le La, et appuya dessus du majeur. Il inspira, ferma les yeux. Puis, il poussa un lent soupir. Gardant les yeux clos, ses mains commencèrent à glisser sur le clavier, pressant touche après touche.

Derrière le couvercle entrouvert, les marteaux montaient et descendaient, mais sans aucune corde à frapper.

Autour du duo du musicien et de son instrument, une estrade en parquet ciré. Et devant cette estrade, des rangées de fauteuils en tissu rouge. Et sur ces fauteuils, de la poussière blanche partout, et des gravats et des décombres. Et au-dessus, un plafond effondré, qui laisse entrevoir plus de ciel que de toit.

Pianisterie

Assis devant le piano, les mains posées sur les genoux, il inspire profondément. Entrouvrant les lèvres, il expire. Puis, il lève les mains, et d’un mouvement fluide vient les faire jour sur les touches.

Derrière le couvercle entrouvert, les marteaux montent et descendent. Mais pas de corde, car sous chacun, se tient un gnome qui pousse un cri à chaque coup sur la tête.

Bouquet de fleurs

Il essaya vainement de retenir un bâillement tout en étirant les bras au-dessus de sa tête. La langue encore pâteuse, ses paupières papillonnèrent pendant que les pétales de sa tulipe laissaient place aux premiers rayons du soleil. Il sourit en sentant leur caresse chaleureuse.

– Qu’est-ce que…

– Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

– Vous êtes qui vous ?

Dans un grand capharnaüm, des dizaines de voix différentes se firent entendre pendant que chacun se découvrait de nouveaux vis-à-vis. Il y avait une autre fleur juste devant lui, presque chez lui ! Et une autre derrière ! À gauche, à droite, au-dessus, partout !

Hier encore, il était tranquillement installé dans un champ, mais qu’avait-il pu se passer…

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